En voyant avec quelle rapidité "l'enseignante de 44 ans, professeur de mathématiques, qui s'était immolée par le feu lycée Jean-Moulin de Béziers" a été présentée comme "dépressive", ou encore "très fragile psychologiquement", je me suis souvenu des emplois dévoyés du qualificatif peu élogieux de "dépressif" par la hiérarchie de mon ancienne administration.
Il m'est revenu avoir été, en deux occasions assez marquantes, et significatives, "traité" de "dépressif" ou de "déprimé"...
La première fois, ce fut par un inspecteur pédagogique régional, au début de ce qu'il convient d'appeler ma "carrière". J'avais eu, lors d'un entretien, la naïveté d'exprimer des doutes argumentés sur certaines injonctions pédagogiques à l'inefficacité flagrante, et au lieu de dire qu'elles nous emmerdaient, moi et beaucoup d'autres, j'avais cru plus élégant de signaler une certaine lassitude de notre part. J'eus droit à un couplet de belle facture stigmatisant "les enseignants fatigués et déprimés".
La seconde fois, bien plus tard, ce fut par un proviseur de lycée, après lui avoir exprimé, assez vivement et très franchement, mon désaccord sur les méthodes cavalières et autoritaires dont il usait à l'égard des enseignants. Surpris de ma réaction plutôt inhabituelle, il avait tenu à me rencontrer à nouveau, pour m'assurer de sa profonde estime et me proposer un rôle accru dans l'équipe enseignante, justifiant cette offre par le fait qu'il m'avait trouvé un peu "dépressif"...
Dans les deux cas, je puis vous assurer que j'étais bien loin de l'être. Et mes deux interlocuteurs le savaient bien.
Lorsque je l'ai réellement été, personne ne l'a vu.
A tous ceux qui, dans les divers couloirs du labyrinthe administratif du grand bâtiment mal fichu, m'ont reçu comme si j'étais porteur d'une maladie honteuse - alors qu'elle n'est qu'absolument invalidante -, un grand salut inamical !
Si je suis sorti de l'impasse sur mes deux jambes et non pas les pieds devant, ce n'est pas à eux que je le dois.
Source
Il m'est revenu avoir été, en deux occasions assez marquantes, et significatives, "traité" de "dépressif" ou de "déprimé"...
La première fois, ce fut par un inspecteur pédagogique régional, au début de ce qu'il convient d'appeler ma "carrière". J'avais eu, lors d'un entretien, la naïveté d'exprimer des doutes argumentés sur certaines injonctions pédagogiques à l'inefficacité flagrante, et au lieu de dire qu'elles nous emmerdaient, moi et beaucoup d'autres, j'avais cru plus élégant de signaler une certaine lassitude de notre part. J'eus droit à un couplet de belle facture stigmatisant "les enseignants fatigués et déprimés".
La seconde fois, bien plus tard, ce fut par un proviseur de lycée, après lui avoir exprimé, assez vivement et très franchement, mon désaccord sur les méthodes cavalières et autoritaires dont il usait à l'égard des enseignants. Surpris de ma réaction plutôt inhabituelle, il avait tenu à me rencontrer à nouveau, pour m'assurer de sa profonde estime et me proposer un rôle accru dans l'équipe enseignante, justifiant cette offre par le fait qu'il m'avait trouvé un peu "dépressif"...
Dans les deux cas, je puis vous assurer que j'étais bien loin de l'être. Et mes deux interlocuteurs le savaient bien.
Lorsque je l'ai réellement été, personne ne l'a vu.
A tous ceux qui, dans les divers couloirs du labyrinthe administratif du grand bâtiment mal fichu, m'ont reçu comme si j'étais porteur d'une maladie honteuse - alors qu'elle n'est qu'absolument invalidante -, un grand salut inamical !
Si je suis sorti de l'impasse sur mes deux jambes et non pas les pieds devant, ce n'est pas à eux que je le dois.
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4 commentaires:
Il est peut être temps d'être moins naïf
Quand nous perdons nos repères du jour au lendemain et qu'on nous force à penser que c'est normal,
Quand nous ne percevons plus aucun avenir en suivant le chemin qui nous est indiqué,
Quand dans notre naïveté, nous essayons d'expliquer notre situation et qu'on nous traite de fou,
Nous sommes fou de suivre le cul de sac qui nous est proposé en guise d'avenir.
Proposons un autre modèle, devenons notre propre robot qui pilotons notre propre vie. Un fou qui prends son avenir en main ça existe aussi. Prenons nos rêves en main. Prenons notre avenir à bras le corps, un peu comme Asterix dans ses douze travaux.
Soyons réellement fou! car nous sommes fous de croire que ces fous nous laisseront faire.
Non, ils ne nous laisseront pas faire.
Pour un zombie, tout le monde doit rentrer dans le rang.
Pour un zombie, la vie n'a pas de sens.
Que le grand Monstre Spaghetti Volant nous prenne en grâce et soit béni!
et que Sainte Tagliatelle nous garde ! :)
Mon chapelet de macaroni me protège et je prie chaque jour saint gluten d'engluer les parasites du systèmes (les 1%) avec du fluor. Cela m'aide à garder un sourire colgate.
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